La Voie du Tarot

d’Alexandro Jodorowsky et Marianne Costa

INTRODUCTION

J’ai commencé cette « bible » du Tarot en début d’année et je voulais en parler !

Le livre débute par une introduction rédigée à la première personne du singulier par Alexandro Jodorowsky. Il y relate sa découverte du tarot – des tarots ! – au fil de son histoire familiale, de ses nombreux voyages et rencontres, et jusqu’à son travail très approfondi de recherche et de reconstitution du tarot dit de Marseille.

La lecture est plaisante et il est assez passionnant de découvrir le cheminement de cette figure incontournable du monde tarologique.

Il collectionne pendant plusieurs années de nombreux tarot, « plus de 1000 jeux différents » dit-il, jusqu’à sa rencontre avec André Breton, poète et écrivain français, qui, en découvrant un tarot de Waite, lui dit « c’est un jeu de cartes ridicules. Ses symboles sont d’une lamentable évidence. Il n’y a rien de profond en lui. Le seul tarot valable est celui de Marseille. Ses cartes intriguent, elles émeuvent, mais jamais elles ne livrent leur secret intrinsèque. »

À la suite de cet échange, Alexandro Jodorowsky jeta sa collection de cartes à la poubelle pour ne garder que le tarot de Marseille et consacrera le reste de son existence à l’étudier et à tenter d’en retrouver l’origine, ou tout du moins l’essence originelle.

Il entreprit ainsi un travail de recherche et de reconstitution d’une grande minutie en collaboration avec Philippe Camoin, descendants directs de la famille marseillaise qui imprimait depuis 1760 le tarot de Nicolas Conver. Leur collaboration conduira à la publication de leur propre version du Tarot de Marseille « restauré dans sa pureté originelle ». Ce travail remettra même en question de nombreuses années d’apprentissage et d’appropriation du tarot de Jodorowsky.

Or, et Jodorowsky le reconnait lui même, nous ignorons toujours l’origine exacte du tarot. Comment, dans ce cas, peut-il assurer que son travail de reconstitution est fiable et respecte la « pureté originelle » qui devrait prévaloir sur tous les autres ?

Ce fondamentalisme quelque peu égocentrique me laisse perplexe. Je ne m’aventurerais jamais à dire que le travail de reconstitution mené par Jodorowsky est faux ou mauvais, mais renier toute liberté d’interprétation, de modernisation et d’adaptation créative me dérange.

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